Je ne sais pas pourquoi j'ai arrêté d'écrire si longtemps. Je suis folle. Ecrire était une des seules choses qui me permettaient de purger ce qui est mauvais, ce qui ne tourne clairement pas rond chez moi. Et bizarrement, je ne peux pas écrire autrement que dans cette petite case d'article skyblog. J'ai besoin de sentir dès les premiers mots la présence future des lecteurs, même si peu nombreux soient-ils. Il faut que je sache le but que je me fixe dès le début. C'est capital. Le papier ne fonctionne pas, ou très peu. Je suis une enfant de sa génération. On dit enfant du siècle.
Je me suis aperçue récemment que j'avais souffert un peu inutilement, presque pour éviter une souffrance à quelqu'un d'autre, que j'avais souffert sans m'en apercevoir ; et, chers amis, je dois dire que faire souffrir quelqu'un sans même qu'il s'en aperçoive, est la pire chose qu'on puisse faire, car les retentissements sont sourds et étouffés, mais beaucoup plus violents. Brûlants même. Et surtout, les conséquences sont, dans un premier temps, inexpliquées. Ce qui fait qu'on ne peut que s'interroger en vain sur la cause d'une douleur impalpable. Jusqu'à ce qu'on se réveille de sa torpeur et qu'on arrête de se laisser faire. C'est fou ce que les gens deviennent méchants quand ils se sentent inférieurs.
Je ne passerais surement que pour une garce si je parlais avec plus de détails ou de mots. De toute façon beaucoup me voient déjà comme une garce, sans que les mots aient eu besoin de s'en mêler. Je le sais, je sais pourquoi, je l'assume presque, mais je ne suis pas une de ces gamines qui se foutent de tout, des conséquences en premier lieu.Il ne faut voir en moi qu'une fille un peu désespérée, que se cherche, en vain. Un fille qui aime bien observer les gens autour d'elle et s'interroger sur sa propre condition. Une fille qui apprend à être qui elle est. Et ce n'est pas facile comme travail. Certains ont besoin d'une psychanalyse pour ça, d'une thérapie. Certains n'arrivent jamais à capter qui ils sont et où est leur but, du moins pas tous seuls. Et moi, je refuse de faire partie de ces gens. Le combat est déjà engagé.
Je m'excuse d'avance auprès des gens qui vont souffrir de mes épreuves. Mes parents, qui m'aiment tant, et qui ont déjà tellement subi à cause de moi. Mes amis, et autres. Certains ne vont pas comprendre, d'autre vont comprendre et ça ne leur plaira pas. Parce que ce n'est pas facile de voir quelqu'un évoluer à côté de soi, sans pouvoir rien faire pour soi-même. Mais la nature de certaines personnes veut ça. Celles qui ne changeront jamais. Celles qui ne s'intéresseront jamais qu'à elles-mêmes, mais qui ne comprendront jamais l'art, ni la musique, ni les romans, ni la peinture italienne de la renaissance, ni l'importance de l'économie et de l'actualité dans nos vie. Celles qui ne savent pas écouter les autres quand ils en ont besoin. Qui ne rient que quand elles sont heureuses, qui ne sont heureuses que quand elles se sentent puissantes. Qui ne se sentent puissantes qu'en écrasant les autres. Celles qui ne connaissent pas la joie de sourire pour aider, d'être heureux pour l'autre, pour venir en aide, de se féliciter du bonheur d'autrui. C'est à cause d'une personne comme ça que j'ai souffert. Et je la plains malgré tout, car en abusant de ma faiblesse elle a trahi la sienne.
Je m'excuse auprès de ceux à qui je fais du mal, en connaissance de cause, sans chercher, en apparence, à changer quoi que ce soit à mon comportement. Ceux-là ne méritent pas un traitement si dur. Ceux qui sont là pour moi et qui me comprennent. Mais les choses sont ce qu'elles sont, je n'ai que 17 ans, je suis parfois la fille un peu folle et désinvolte que tout le monde croit voir en moi. Mais te faire souffrir toi qui ne fait que m'aimer à l'infini, me fait plus mal que tout le reste. Et pourtant j'en viens à m'excuser, c'est donc que je le fais malgré moi. Je m'en veux, mais je pense pouvoir au moins m'accorder le fait que ma situation n'est pas facile. J'ai voulu me prouver quelque chose à moi-même, et visiblement il était trop tôt. Mais je saurais trouver une solution, un choix, même si c'est la chose la plus difficile pour moi.
Et à présent fini de s'excuser, bon voyage.